Matteo (mon fils) interview

 

Rebelle Santé mars 2014-2

Interview sur le traitement de Matteo, parue dans le magazine Rebelle Santé, mars 2013

Senta Depuydt est une maman belge qui a réussi à force d’information et de détermination à faire perdre intégralement le diagnostic d’autisme à son enfant. Alors que la médecine officielle exhorte les parents d’enfants atteints d’autisme régressif à faire le deuil de leur « enfant d’avant », les plongeant ainsi dans un fatalisme délétère, le cas de Senta et de son fils dont nul ne pourrait plus deviner aujourd’hui par quoi il est passé, démontre à souhait l’importance de comprendre et les raisons d’espérer.

Qu’est-ce que vous entendez par ‘guérir’ de l’autisme ? On dit pourtant que c’est incurable.

S.D : En effet, je tiens beaucoup à ce mot tabou, car il choque et provoque le questionnement. Aujourd’hui on a plus le droit de guérir. Les médecins peuvent ‘traiter’ et faire de la prévention et les malades n’ont que le droit de s’améliorer, se stabiliser, au mieux d’être en rémission. Lorsque quelqu’un guérit d’une maladie chronique ou réputée incurable, c’est généralement mal perçu et on évite d’en parler. Alors qu’humainement on devrait s’en réjouir et s’y intéresser c’est souvent tout le contraire qui se passe. Dans le cas de l’autisme on a atteint les limites de l’absurdité. Pendant des décennies le discours tenu aux parents se résumait à dire : on n’en connaît pas la cause, on en ignore le mécanisme, mais en revanche notre grande expertise scientifique nous permet de vous certifier que votre enfant ne va jamais guérir. Le comble c’est que le premier patient diagnostiqué autiste s’en est sorti. Il s’agit de Donald T., un des 11 patients de la cohorte initiale à partir de laquelle Leo Kanner a décrit le syndrome autistique. Personne n’en a parlé.

Comment le savez-vous ?

S.D : Marc Blaxill et Dan Olmsted, deux chercheurs américains, se sont intéressés au lien entre l’autisme et les intoxications au mercure. Au cours de leur travail, ils se sont penchés sur les premiers cas répertoriés. Leur ouvrage ‘Age of Autism’ est passionnant et extrêmement bien documenté.

Venons-en à l’histoire de votre fils…

S .D : Tout petit, c’était un enfant tout à fait normal, facile, rayonnant même. On le surnommait ‘petit boudda’. Il a tenu assis à 5 mois, a marché à 12, et commençait à parler. J’avais déjà arrêté de travailler pour la naissance de son aîné. J’étais à la maison et j’ai pu l’allaiter pendant un an. Il n’est jamais tombé malade, sauf lors des premiers vaccins…A la première injection de Tetravac (polio-coqueluche-diphterie-tetanos) il a fait des poussées de fièvre à quarante pendant plusieurs jours. Je le tenais dans mes bras pendant des heures, il était assommé, comme une plante. La deuxième dose a fait le même effet et là je me suis dit qu’on allait postposer la suite du programme.   Ensuite vers 18 mois, il a fallu faire les rappels. Par prudence, nous avons décidé de ne lui donner que deux injections séparées pour la polio et le tétanos. Cette fois, il n’a plus eu de fièvre ou de symptôme manifeste. Mais peu après, son comportement a changé. En quelques semaines il est devenu infernal. Il a commencé à avoir des problèmes d’otite chronique. On pensait qu’en les traitant cela irait mieux, mais il a continué à régresser à tout point de vue. A l’âge de trois ans, la situation était ingérable. Il avait perdu tout contact visuel, disparition complète du langage, pas d’interaction sociale. Il était agressif, irritable, jetait tout à terre. Tapait, criait, mordait, se tapait la tête à terre plusieurs fois par jour. Il avait des absences, sautait en papillonnant des bras, ou se cachait des heures dans un coin. Pas moyen de le faire obéir. J’avais l’impression que mon chat était plus malin. Il se réveillait en hurlant, jusqu’à huit fois par nuit. On l’a diagnostiqué comme un cas d’autisme régressif avec retard mental et on nous a conseillé de le mettre dans l’enseignement spécial. Nous étions anéantis.

 

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Après le choc du diagnostic, qu’avez-vous fait ?

S .D : En surfant sur le net, nous avons découvert des vidéos d’enfants qui s’en étaient sortis grâce à une approche dite ‘biomédicale’. Il s’agit de traiter les problèmes de santé chroniques qui perturbent le métabolisme des enfants et freinent leur développement. Ils parlaient de régimes, d’intoxication aux métaux. Même avec une chance sur 1000, il fallait essayer. On l’a mis au régime sans lait, sans gluten, sans soja et sans sucre. Résultats immédiats : en 48h on a récupéré un contact visuel et en trois semaines, il a arrêté de se fracasser la tête à terre. Là, on s’est dit qu’on tenait une piste.

C’est étonnant, on dit souvent que les régimes ça ne marche pas ou peu.

 S .D : De mon expérience et celle de beaucoup d’autres, le régime est absolument essentiel mais complètement insuffisant. Quand le régime n’a pas fonctionné, c’est généralement parce qu’on ne l’a pas fait de manière assez stricte ou assez longtemps. Le premier mois on a souvent une phase de détox où les symptômes et comportements s’aggravent. Mais parfois on n’a pas de résultat parce qu’on a continué, voire augmenté, des aliments qui ne conviennent pas. Il n’y a pas un régime, une recette standard qui fonctionne pour tous. Cela dépend du profil de l’enfant, par exemple si les problèmes de candidose sont prédominants (régime ‘glucide spécifique’, régime GAPS) ou en cas d’épilepsie (régime ‘Ceto’, ‘GARD, glutamate). Certains ont des problèmes avec les oxalates, d’autres avec les salycilates. C’est assez complexe. La clé du régime et de tout traitement en général est dans l’observation et l’adaptation au profil individuel de la personne. Mais il y a des choses qui valent pour tous : lait, gluten, soja, maïs, sucres, colorants, conservateurs, édulcorants etc. sont bannis dans tous les régimes. On commence par là et puis on affine.

Quelles sont les autres interventions qui ont aidé votre fils ?

 S.D : Principalement une approche par la nutrition. Il fallait d’abord combler les carences de son organisme. Alors qu’il avait l’air ‘en parfaite santé’, il avait cependant de nombreuses carences. Nous avons donné des vitamines, des minéraux (par ex. zinc, calcium, magnésium), des acides gras etc. Ensuite, on s’est attaqué aux agents pathogènes, à tout ce qui provoque un état d’inflammation chronique. Ce sont les levures intestinales (la candidose), les bactéries, les virus, les parasites. Et la dernière étape a consisté à éliminer les métaux, dans son cas le plomb et le mercure.   Dit comme ça, c’est risible tellement ça a l’air simple, mais c’est tout le contraire. C’est un parcours du combattant.

Concrètement, ça s’est passé comment ?

S.D : Nous avons contacté l’Autism Research Institute à San Diego qui est à la pointe de la recherche sur les traitements de l’autisme. Ils nous ont renseigné un médecin qui consulte parfois à l’étranger. Lors de la consultation, qui a eu lieu en Angleterre, le médecin nous a dit : « J’ai deux nouvelles. La mauvaise c’est que votre fils a énormément de problèmes de santé. La bonne, c’est qu’on a des moyens pour les traiter et que votre enfant a des chances de récupérer toutes ses facultés. » Mais elle a précisé qu’elle ne pouvait pas dire cela à tous ses patients. C’était vraiment un traitement intensif. Pour commencer, il a fallu trouver les bons produits, car la qualité et les dosages font une différence énorme. Ensuite on a introduit les compléments séparément en augmentant les dosages pour observer les effets. Dès la première semaine, il y a eu des petits progrès. Par exemple, avec le zinc il a commencé à être plus éveillé et sociable. Il avait envoyé une petite voiture vers son frère et il disait quelques mots. On a du mal à imaginer que l’administration de choses aussi simples que des minéraux ou des vitamines puisse influencer le comportement d’un enfant. Le problème c’est que beaucoup de gens essayent, mais souvent à des dosages et durées insuffisants. En quelques semaines, ma cuisine s’est donc transformée en pharmacie. J’écrasais les comprimés, ouvrais les gélules, mélangeais les liquides et faisais avaler cette infâme tambouille à mon fils avec une seringue de gavage. Je notais tout : les prises, les heures, les dosages, les repas, les comportements, les symptômes physiques, les selles. L’objectif numéro 1 était de récupérer un bon transit, c’est à-dire une selle par jour !   Il faut relancer le métabolisme et les fonctions naturelles d’élimination. Une autre étape très importante a été d’améliorer son cycle de ‘méthylation’. Il s’agit d’un processus d’échange d’atomes de carbone dans notre corps qui permet l’expression de nos gènes et qui joue un rôle important dans la détoxination. Pour cela, il a reçu des injections de vitamine mb12 qu’il fallait commander en Italie. Là je me suis rendue compte de l’importance de la forme d’administration. Avant de trouver une pharmacie qui puisse me fournir les injections, j’avais essayé la forme orale, les patchs, le spray nasal…Aucune comparaison. Mais cela en valait vraiment la peine, car c’est à ce moment là qu’il a commencé à faire de réels progrès sur le plan cognitif. Le langage a vraiment démarré, même si pendant longtemps c’était toujours de l’écholalie (répétition) et que j’avais l’impression que cela n’avait pas de sens, ça restait un langage ‘autiste’. Et finalement, c’est grâce à la chélation que le voile de l’autisme a vraiment pu se lever. Avec le rétablissement de la flore intestinale, et l’intervention sur la méthylation, l’élimination du plomb et du mercure a été l’étape la plus importante du traitement. Mais c’est aussi la plus délicate. Si c’est mal fait et sans préparation préalable, on risque de faire beaucoup de dégâts. Il faut vraiment avoir un suivi médical scrupuleux. Mais il est vrai que très rares sont les médecins qui sont au courant de ces protocoles dans les pays francophones.

Et les résultats ? Comment va-t-il aujourd’hui ?

 S .D : Il lui a fallu deux ans de traitement intensif pour ‘sortir’ du diagnostic et encore une année complémentaire pour rejoindre le niveau de ses pairs. C’est une évolution assez rapide. Aujourd’hui il a 9 ans, il est en 3ème année primaire, il fait du sport et a des copains. Son institutrice le décrit comme ‘très intelligent’. Son QI, qui était estimé à moins de 80 est probablement au-dessus de la moyenne. La semaine dernière, il m’a demandé « s’il y a une date de péremption sur les chips, parce qu’il y a un paquet qui est déjà dans l’armoire depuis un certain temps et qu’il faudrait manger ».

Alors les régimes, c’est fini ?

 S.D : Absolument. Plus de régimes, plus de compléments ou médicaments à avaler. Mais bien sûr, il faut être vigilant et continuer à manger des fruits et légumes frais, bio si possible.

Et les thérapies ?

S.D : Il n’y en pas eu. J’ai grandi dans un milieu ‘psy’. Un de mes parents était professeur de psychologie clinique à l’université de Louvain. Moi même, j’avais déjà achevé une psychanalyse de sept années. Pour moi, il était évident que c’est l’esprit qui influence la matière. Avec les premiers résultats du régime, j’ai dû adopter le point de vue inverse. Oui la ‘matière’ influence aussi l’esprit. Un enfant qui a une candidose a des produits neurotoxiques dans son cerveau. C’est comme un alcoolique et souvent il se comporte de la même manière. Il rit tout seul, perd l’équilibre, est dissipé, hyperactif, sensible au bruit ou au contraire assommé. Les thérapies ont tout à fait leur place, mais les résultats sont bien meilleurs s’il y a une prise en charge de la condition physique de l’enfant. En ce qui concerne mon fils, il a été accepté dans une école Steiner (d’enseignement général). On lui a vraiment donné sa chance, il a pu évoluer à son rythme et ils ont collaboré à son traitement en respectant le régime et les compléments. Sa ‘jardinière’ était exceptionnelle et quand j’ai compris la richesse de la pédagogie, j’ai estimé que cela valait bien des thérapies.

Connaissez-vous d’autres cas de guérison ?

S.D : Chaque guérison reste un miracle et il y a toujours une part de mystère. Tout le monde ne guérit pas, mais cela vaut la peine d’essayer. Donc oui, je connais plusieurs autres cas, notamment une fille ‘autiste de naissance’ diagnostiquée ‘syndrome de Kanner’. Une enfant très agressive. Sa seule perspective était la camisole chimique et l’institution à vie. Aujourd’hui elle a quinze ans. Elle a un petit ami, fait du judo, compose au piano et son QI est passé de 60 à 140 (de l’attardée au génie).

Pourquoi n’en parle-t-on pas ? Parce que c’est de la médecine alternative ?

S.D : Bien au contraire, ils sont à la pointe. Il n’y a pas de biochimie ‘alternative’. D’ailleurs les résultats sont là. Simplement, cela dérange tout le monde. Le monde médical, les psys, les industries alimentaires, pharmaceutiques etc. Aux USA, il y a quelques associations qui font de l’excellent travail et les gens s’organisent. J’étais tous les soirs sur des forums où il y a 15 000 parents qui suivent ces approches. Cela a été une aide formidable, pour comprendre et appliquer le traitement. J’ai beaucoup appris par l’expérience des autres. J’ai lu plus de 100 000 messages, des dizaines d’articles scientifiques, et suivi des conférences en ligne. C’est d’ailleurs pour transmettre tout cela que j’ai décidé de faire des conférences et journées d’information.